LES MEILLEURS SPECTACLES DU FESTIVAL, LE BOUCHE À OREILLE

Le festival, un gouffre financier

18 juillet 2018, Dans: COULISSES
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Que ce soit du côté des compagnies comme des festivaliers, la réponse est la même : participer au festival d’Avignon Off est un investissement lourd.

Par C. B. Les compagnies dépensent des sommes importantes pour la location de leur salle (7000 euros pour la fourchette basse), de leur logement, du transport, des repas, des affiches et flyers, des salaires… Et très peu parviennent à l’équilibre. « Si on ne perd pas d’argent, on est content », explique un directeur de compagnie.

Les plus chanceuses reçoivent une subvention (de plus en plus rare) qui leur permettra de financer l’opération, d’autres financent tout de A à Z et la note peut être très salée: environ 24 500 de budget global (mais le chiffre date un peu. Enquête réalisée par le bureau du Off en 2014).

« Certaines compagnies ne se relèvent pas de cette épreuve et se retrouvent sur la paille », commente une chargée de diffusion.« Il ne faut d’ailleurs pas trop compter sur l’argent de la recette pour équilibrer son budget », poursuit un metteur en scène. « On ne sait jamais si on remplira la salle. La concurrence est très rude: plus de 1500 spectacles cette année. Dans le meilleur des cas, c’est une participation ».

Tous les artistes sont unanimes, faire le festival d’Avignon coûte très cher mais c’est le moyen incontournable pour vendre son spectacle aux programmateurs présents, se faire connaître ou tester sa notoriété.

Côté festivalier, même discours. Dans un article récemment publié dans le magazine du Parisien, « un festivalier peut investir jusqu’à un salaire, voire un salaire et demi ».

Le logement est le poste le plus important. Et les tarifs sont à la hausse, certains propriétaires ayant bien compris le problème de l’offre et de la demande: entre les compagnies de plus en plus nombreuses et les festivaliers, il devient très compliqué de trouver un toit correct intramuros.

Alors, forcément, quand on demande au festivalier de rajouter 1 euro sur la commande de place sur internet, la coupe est pleine. « Quelle que soit l’heure d’appel matin, midi ou soir, un message indique qu’il faut passer par internet », écrit une festivalière mécontente. « Soit 1 euro de plus sur la facture globale, soit 0,90 euro par place achetée ». 

« On fait vraiment le maximum, commente une jeune femme à l’accueil téléphonique d’un théâtre avignonnais. Le téléphone sonne sans cesse, on ne prend pas de pause déjeuner ».

« La gestion par internet se fait par une plate-forme extérieure, poursuit-elle, c’est le prix à payer pour ce service. Je conseille aux festivaliers d’insister au téléphone, toutes les 5 minutes s’il le faut ! Ça finit toujours par aboutir ! ».

Patience, patience donc ! C’est la loi du festival, pour obtenir des places, pour faire venir le public et les programmateurs. Patience, donc mais avec beaucoup de sous et une bonne dose d’humour (noire): non, les festivaliers et les artistes, ne sont pas que des vaches à lait ! Mais pour l’art, pour les émotions, combien sommes nous prêts à mettre ?

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