LES MEILLEURS SPECTACLES DU FESTIVAL, LE BOUCHE À OREILLE

5. C’est relâche mais je travaille !

23 juillet 2017, Dans: COULISSES, LES CHRONIQUES DE GAEL
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Par Gaël Dubreuil. Vous l’avez sans doute remarqué, certains spectacles ne jouent pas tous les jours. Les compagnies font ce qu’on appelle : une relâche.

Depuis plusieurs années, il existe une obligation d’observer un jour de repos hebdomadaire. Celui-ci a longtemps été ignoré par les compagnies, mais devant les menaces de contrôle de l’inspection du travail, il est de plus en plus  appliqué. Cette obligation de repos, si elle s’inspire d’un bon principe (celui de ne pas travailler tous les jours pendant un mois), est toutefois dans les faits en totale contradiction avec la réalité du festival.

Il est vrai que les compagnies qui ont investi des sommes colossales pour venir ne peuvent se permettre de ne pas remplir une journée : un créneau pour la durée du festival dans une salle de spectacle se négocie entre 5 000 et 30 000 € en fonction de la « jauge », sans compter le logement (rajouter un minimum de 5 000 euros pour un appartement), les salaires, les affiches, les tracts, la nourriture…

En relâche, pas de salaire, pas de recette !

Trois jours sans recettes dans le mois est un très grand manque à gagner. D’autant que si les compagnies prennent de tels risques financiers, c’est qu’une bonne partie de leur année dépend de ce seul mois. Nombre de programmateurs de théâtre se déplacent à Avignon et remplissent quasiment la totalité de leur saison.

Pour un comédien, bloqué pendant un mois, la difficulté est la même. Souvent non rémunéré ce jour-là puisque qu’il ne joue pas, il n’est pas en vacances pour autant. Beaucoup tractent quand même afin de faire venir du monde pour le reste de la semaine, répètent, réparent leur décors, leurs costumes, essayent de joindre les journalistes ou les programmateurs pour leur grappiller un peu de temps, et tractent encore et toujours.

Allez les comédiens on ne se relâche pas, il reste encore quelques jours !

Retrouver d’autres chroniques de Gaël dans son livre paru dernièrement Sur le front d’Avignon
Illustration de Marie-Lys présente sur le festival pour notre plus grand plaisir. Retrouvez son travail sur son site.
    • Alarza
    • 15 août 2017
    Répondre

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    Ce n’est pas 3 jours dans le mois mais 1 relâche hebdomadaire par semaine sur 3 semaines partant du principe qu’il ne peut y avoir selon la législation 7 jours de travail consécutif sans jour de repos.
    La solution est assez simple : d’une part que personne ne fasse de relâche et solliciter par l’intermédiaire du nouveau président -membre du Snes- une dérogation exceptionnelle dans le cadre du festival OFF. En s’appuyant également sur l’aide de la CGT spectacles qui en l’occurrence propose des événements dans son théâtre de la bourse du travail. À quoi peuvent bien servir ces syndicats si ce n’est pas à défendre la volonté des travailleurs, et dans notre des artistes/techniciens du spectacle ?
    J’attire aussi l’attention sur le fait que ce n’est pas le spectacle qui doit faire des relâches mais les artistes/travailleurs.

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