LES MEILLEURS SPECTACLES DU FESTIVAL, LE BOUCHE À OREILLE

3. J’en ai eu un !

20 juillet 2017, Dans: COULISSES, LES CHRONIQUES DE GAEL
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Par Gaël Dubreuil. L’oiseau rare du festival ! Celui après qui toutes les compagnies courent. Celui pour lequel les comédiens investissent tant d’argent et de leur personne pendant un mois : UN PROGRAMMATEUR…

Bon, j’avoue j’ai un peu triché, je le connaissais déjà. Il a programmé plusieurs de mes spectacles. Mais je n’ai pas raté l’occasion d’échanger avec lui sur sa vision du festival d’Avignon, lui qui vient ici acheter des spectacles pour la saison 2018-2019 de son théâtre.

D’abord, Avignon, pour les programmateurs comme pour les comédiens, c’est avant tout un calvaire pour les pieds : courir d’une salle à l’autre pour voir entre trois à cinq spectacles par jour pendant 4 jours : un casse-tête pour le planning. Le beau tableau Excel est devenu tout brouillé, raturé, trituré, et ressemble davantage à la fin du séjour à la toile de Miro.

Impossibilité pour le programmateur comme pour le commun des mortels de tout voir parmi les 1480 spectacles. Il faut choisir.

Le programmateur n’est pas trop sensible aux nombreux emails des compagnies

-D’abord, il y a les compagnies avec lesquelles il a l’habitude de travailler, celles qui ont déjà une presse ou qui correspondent déjà au style recherché. L’imposant catalogue ou l’emailing des troupes avant le festival ne semble pas être très impactant dans le choix (il reçoit plus de 150 mails par jours, difficile d’y être sensible).

-Et puis, il y a une part de rencontre. J’ai été heureux d’entendre qu’il se laissait la possibilité d’aller voir des spectacles suite à un échange avec un comédien en parade (le costume, le thème, mais aussi et surtout la manière dont on lui en parle joue beaucoup). Entre un quart et un tiers de son planning est consacré à cette forme de coup de cœur. Comédiens, chargés de diffusion, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Ultras sollicité toute l’année (3 à 4 invitations par samedi), sans parler des contraintes familiales, Avignon est l’occasion d’être plus disponible. C’est un moment qui n’est consacré qu’à cela, et uniquement à cela.

Pour autant, voir autant de spectacles, n’est pas toujours évident. Si une pièce peut-être entamée par l’humeur d’un comédien, les conditions dans lequel le programmateur va la voir aussi (type de salle, de lumière, de sonorisation, assise…). Mais aussi son état d’esprit, il vaut mieux qu’il soit disponible intellectuellement. D’ailleurs parfois, (pour reprendre ses mots) après un mauvais spectacle, comme après un mauvais vin, le goût âpre reste encore quand on déguste le suivant.

Espérons qu’il trouvera de grands crus à programmer cette année.

Retrouver d’autres chroniques de Gaël dans son livre paru dernièrement Sur le front d’Avignon
Illustration de Marie-Lys présente sur le festival pour notre plus grand plaisir. Retrouvez son travail sur son site.
  1. Pingback: Me voilà chroniqueur de Avignon off | Gael Dubreuil

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