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Going home, errances vers le bonheur

8 août 2016, Dans: Meilleurs spectacles 2016
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COUP DE COEUR. Michalak l’africain a été adopté par un couple d’autrichien ; Michalak a erré dans une Europe qui ne voulait pas de lui et s’y est perdu ; Michalak a trouvé un Éden en Ethiopie mais l’Europe veut le reprendre pour régler ses comptes. C’est la trame étonnante de Going home, une histoire à part qui croise tant d’histoires communes.
Par Emmanuel Bouclon – Tout est ici inversé, renversé : l’Afrique – même sous la famine – est le Graal et l’Europe, le repoussoir ; le délinquant, le juste et les institutions, l’oppresseur. On est dans le règne de la loi et non dans celui de la justice qui viendra ensuite, comme l’apprend Michalak en prison.
Une quête d’identité, une Odyssée moderne vers une vie heureuse
Going home, c’est une voix forte, nue, sans artifice qui vous conte cette épopée moderne, Illiade et Odyssée contemporaines. Une voix qui vous emmène dès le premier instant dans ce voyage inattendu. Elle nous parle sans fard de cette vieille Europe, pleine de bons sentiments, mais qui ne sait plus accueillir l’autre, repliée sur ses à priori et ses lois. Elle nous parle de l’espoir d’un homme de vivre heureux, de ses errances, de sa quête. Elle nous parle de racisme et d’amour.
Nous aussi, nous avons peur, comme lui
Le son rock de la batterie, d’un violon et d’une guitare donne une force homérique au récit, poussant la voix à l’extrême. L’utilisation de la vidéo, au sein d’un dispositif scénique sobre, est toujours juste, surtout quand elle nous montre l’Afrique. Dorcy Rugamba, interprète de Michalak, envahit complètement le plateau, l’épouse, et nous emmène avec lui dans sa danse : on devient Michalak, on est Michalak, on a peur et on rêve avec lui.
MON AVIS. C’est un véritable coup de cœur. L’histoire, l’interprétation et la musique sont saisissantes. Vincent. Hennebicq réussit un coup de maître. Going home nous parle d’un homme en quête de bonheur, d’une humanité à la dérive où il est encore possible de tracer, avec douleur, sa route vers un ailleurs plus heureux, une autre vie. On sort de Going home groggy et révolté, avec l’envie de changer la vie et le monde, avec un supplément d’humanité : ce n’est pas si fréquent.
Going home, festival Avignon off, tous les jours à 10h45 au Théâtre des Doms. Relâche les 13 et 21 juillet.
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