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J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin

23 juillet 2016, Dans: Meilleurs spectacles 2016
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C’est l’histoire d’un fils qui raconte son enfance comme on regarde l’album de famille : il partage ses meilleurs souvenirs passés en Wallonie, dans une ville qui a connu le plein essor sidérurgique et le déclin. « Je suis de ce pays-là, je suis de l’usine ».

Par Céline Balloy – Philippe Jeusette, dans le rôle du fils d’ouvrier, a croqué dans la madeleine de Proust. Il nous raconte avec un brun de nostalgie et beaucoup d’humour sa vie toute simple. Un passé qui ressurgit dans la cuisine, le théâtre de la famille.

Car c’est bien connu, c’est dans les cuisines que les histoires de famille s’écrivent. Alors, en toute logique, ce petit bout de cuisine constitue le principal décor dans ses moindres détails.

Entre le café, la tarte et les gaufres, il nous parle de ses anecdotes préférées : la rencontre de ses parents, la Saint-Nicolas, son entrée à l’université – la fierté de la famille – sa première paye.

Fils d’un père ouvrier, et d’une mère aimante, il nous livre son épopée familiale avec suffisamment de distance. Ce n’est ni triste, ni un règlement de compte sur la société ou la lutte des classes. Pourtant, tout est dit, tout nous questionne. Et c’est ce qui fait la force de ce spectacle.

Une pièce qui parle d’amour, de nos racines, de notre société et qui fait rire

 

J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin, est aussi un très bel hommage d’un fils à ses parents. C’est une pièce qui au-delà de nous distraire (peut-être un peu trop à mon goût) parle d’amour, de tendresse et de filiation.

La fin m’a beaucoup émue et j’aurais sans doute aimé que ce moment de grâce atteint au cœur dure plus longtemps ou se répète. Mais avec du recul, j’ai réalisé qu’il s’agissait de pudeur. Oui. C’est difficile de dire je t’aime à son fils ou à son père quand on a toujours été habitué à cacher ses sentiments. Et cette petite fenêtre pleine d’amour apparaît alors comme la cerise sur le gâteau.

MON AVIS. C’est un beau texte qui fait autant rire que réfléchir. Car à travers cette épopée, chacun y retrouvera un peu de lui, de son histoire, de sa madeleine de Proust.

J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin, festival Avignon off, Théâtre des Doms, 18h15, par le Collectif travaux publics et Théâtre Varia.

 

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