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Loin de Linden: tendresse et humour. C’est bon !

8 juillet 2015, Dans: Meilleurs spectacles 2015
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Elles m’ont rappelé mes grands-mères. Deux femmes d’origines bien différentes, pas du même monde, qui se retrouvent pour évoquer leur vie, leur rencontre à cause des enfants. Très belle pièce, toute simple, mais où le rire, l’humour, la tendresse sont à chaque coin de scène.


Loin de Linden avignon off 2015 theatre des doms

Le petit fils réunit ses deux grands-mères que tout oppose. De souvenirs en anecdotes, une page sociologique de la Belgique des années 60.

Par Céline Balloy – Il est le petit fils et il invite ses grands mères sur la scène à venir évoquer leur vie. Tellement différente l’une de l’autre. Eugénie et Clairette. Elles sont originaires de Linden, un petit village de Belgique. L’une est flamande et fille d’un garde de chasse. Elle a appris le français avec ses petits enfants mais elle a conservé un accent terrible qui sent bon la Belgique. L’autre est belge francophone, fille de général, rigueur et vie au carré ont scandé son éducation.

« Alors, racontez-moi, c’était comment? ». On écoute. Comme on écouterait une confidence, un secret de famille qui n’aurait jamais été dévoilé. Et on écoute encore, l’histoire de ces deux trajectoires que rien ne destinait à se croiser. Il aura fallu que lui, tombe sur cette fille, pour que la rencontre entre les grands-mères ait lieu. N’aurait jamais dû se faire en d’autre temps.

« Moi j’allais au bal, dans le monde » « Moi, j’allais à la kermesse, pour danser »

Ah oui, ça grince un peu. Forcément, quand on n’est pas du même monde. Qu’on n’a pas reçu la même éducation. Quand on n’est pas né de. Quand on a manqué de tout sauf d’argent. Quand on mange des tartes, qu’on fait du café (il y a toujours une jatte de café chaud chez Eugénie qui, à la pause du spectacle, trempe ses tartines dans le café avant de ranger précieusement son emballage aluminium. Il pourra resservir.)

A l’heure des querelles communautaires le rapprochement de ces deux femmes que tout oppose fait sens

Au delà de cette oeuvre intime, c’est une page sociologique qui est racontée. C’est l’histoire de la Belgique des années 60. La fin du Congo belge. Les kermesses pour faire la fête et rencontrer son futur. Une oeuvre qui nous interroge sur notre rapport à l’autre. A l’heure des querelles communautaires, n’est-ce pas le sujet d’actualité de la Belgique ?

MON AVIS. Ce spectacle, c’est la madeleine de Proust. On y goûte et on revoit ses propres histoires de famille. Je suis admirative devant le travail d’écriture de l’autrice Véronika Mabardi, qui, toute jeune avait senti le besoin de récupérer le témoignage de ses deux grands-mères, pas éternelles, dont la fréquentation à cette époque était impossible. Alors, c’est dans un livre, puis sur scène qu’elle les a réunies. Quel bel hommage. A VOIR ABSOLUMENT !

 

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